Découverte d'ArchLinux, 20 ans déjà !
Introduction
Au 10 octobre 2026, cela fera 20 ans que j’ai installé ArchLinux pour la première fois. Que de souvenirs et que d’aventures sur cette distribution qui a signé une forme de stabilité dans mon écosystème : je n’ai jamais été aussi bien que sous ArchLinux. Et pourtant j’ai testé des distributions ! Je vous invite d’ailleurs à consulter la Liste des distributions que j’ai testées sur mon Recueil d’astuces.
Nous parlerons rapidement de la manière dont j’ai découvert cette distribution après quoi j’aimerais vous partager quelques astuces et outils du moment autour de cette distribution.

Photo trouvée sur le profil Flickr de Mohd Sohail sous Licence CC BY-SA 2.0.
Comment j’ai découvert ArchLinux
Tout commence en avril 2005, dans le magazine « Linux+DVD magazine » qui parle d’une distribution assez récente nommée Arch Linux 0.7. D’ailleurs pour la petite histoire, j’ai été correcteur, puis rédacteur dans ce magazine. À l’époque je trouvais que la qualité du français n’était pas au rendez-vous. J’ai découvert qu’à la base l’équipe du magazine était polonaise et qu’une traduction était faite pour chaque article. Au départ les articles étaient seulement traduits. Puis quelques correcteurs français sont apparus. Et finalement ce sont carrément les correcteurs français qui sont devenus rédacteurs !
À l’époque je n’avais pas le niveau pour installer cette distribution : j’avais encore quelques difficultés avec la ligne de commande - même si j’en faisais pas mal depuis le début des années 2000. Ce n’est qu’en 2006, après avoir essayé Knoppix, Debian, Mandrake, Damn Small Linux, Suse Linux, Mandriva, Ubuntu, UbuntUSB, […] et surtout Gentoo et Slackware que j’ai voulu quelque chose de différent :
- un GNU/Linux moins lourd qu’Ubuntu Linux et Mandrake/Mandriva Linux,
- avec des paquets récents (contrairement à Debian à l’époque où le pinning était monnaie courante),
- une distribution à construire aux petits oignons, tout comme Gentoo et Slackware,
- mais qui ne demande pas autant de temps d’attente due à la compilation de nos programmes comme le demandent Gentoo et Slackware.
Après avoir passé des jours sur Gentoo à compiler plusieurs fois le noyau et attendre des nuits entières que LibreOffice (OpenOffice à l’époque) soit compilé - sans erreur - je crois qu’un passage sur ArchLinux paraît comme une promenade de santé 🤣.
J’ai donc installé ArchLinux le 10 octobre 2006 comme vous pouvez le voir sur l’article « Kiss, le bisou Linux ? ».
Au début je trouvais que c’était assez fragile cette distribution. Avec le recul je me dis que j’étais plutôt aventureux et cassait moi-même la distribution. D’ailleurs le gestionnaire de paquet de cette distribution s’appelle pacman et nous allons voir qu’il a bien évolué au fil du temps.
Quelques mots sur le gestionnaire de paquet nommé Pacman
pacman est donc le gestionnaire de paquet officiel d’ArchLinux. Il s’utilise avec la commande du même nom.
Quelques éléments majeurs de l’évolution de ce gestionnaire :
- 2002 marque l’arrivée du gestionnaire de paquet, écrit par Judd Vinet, créateur d’ArchLinux,
- puis pacman inclut une base de données pour suivre l’évolution des paquets au cours de la vie de la distribution installée,
- une bibliothèque (lib) arrive pour séparer les traitements communs du gestionnaire de paquets et le front-end habituel : libalpm est née. Cela permet à d’autres front-end de voir le jour pour le dépôt AUR (ArchLinux User Repository, un dépôt communautaire pour les paquets non supportés officiellement par la distribution),
- au départ les paquets étaient compressés en
.pkg.tar.gz, puis ils sont passés au format.pkg.tar.xzqui favorisait une compression forte (réduisant la taille des paquets, favorisant au passage un téléchargement plus rapide) et une décompression rapide chez l’utilisateur, - puis la signature des paquets est devenue obligatoire,
- puis un nouveau format de compression apparaît pour avoir une décompression encore plus rapide que le format XZ :
.pkg.tar.zst, - avec la version 6.0 de pacman arrive les téléchargements en parallèle, ce qui fait un bien fou ! Il suffit pour cela d’utiliser
ParallelDownloadsdans le fichier pacman.conf et de donner un nombre de téléchargements à faire en simultané, - et finalement une nouvelle façon d’installer les paquets avec un utilisateur aux permissions limitées apparaît ; avec l’usage d’une sandbox.
Que d’évolutions au fil du temps !
D’ailleurs pacman possède un easter egg connu nommé ILoveCandy. Pour l’activer il suffit d’ajouter le mot clé ILoveCandy dans la section # Misc options (sous [options]) du fichier /etc/pacman.conf. Puis au prochain pacman -Syu vous devriez voir des caractères ASCII en forme de Pacman tenter de manger les “points” de la barre de téléchargement.
Assez rigolo je dois dire 🤩.

La découverte des environnements de bureau de type Tiling Manager
Avec le côté « bidouille » d’ArchLinux, beaucoup de personnes participaient à l’arrivée de paquets dans AUR (dépôt de paquets communautaires) pour des environnements de bureau dit Tiling Manager. Sacrée tuile ! Au départ difficile, j’ai très vite apprécié un environnement de bureau que je compose moi-même de A à Z - ou presque. Je suis passé progressivement d’awesome à Sway :
- 2008 : mon passage à awesome,
- 2016 : je re-découvre i3wm et passe dessus,
- juin 2021 : essais de Sway, alternative Wayland d’i3wm compatible avec les fichiers de configuration d’i3.
Je n’adopte finalement Sway qu’en mai 2025 et en fait mon environnement de bureau principal - j’ai beaucoup tardé cette fois.

Image prise en avril 2008 de mon bureau ArchLinux avec mon premier tiling manager nommé awesome.
(mon) installation semestrielle d’ArchLinux
À force d’installer tout un tas de choses, il est bon de nettoyer. Ou de réinstaller. Mais avec une distribution aux petits oignons, installer n’est pas une mince affaire. On peut oublier des paquets, des configurations, etc.
J’utilise donc 2 stratagèmes pour facilier la tâche :
- un dépôt dotfiles : c’est un dépôt Git qui contient les configurations de nos applications (généralement contenues dans le dossier
~/.config), - un installeur nommé OBSCAIS qui facilite grandement une installation complète d’ArchLinux sur sa machine avec quelques fichiers et dossiers de configuration.
Je voulais aborder le sujet car on partage souvent nos dotfiles sur le Web, mais on ne parle jamais des outils pour automatiser notre installation.
Si au départ j’utilisais Ansible pour cela, j’ai vite déchanté et cherché une autre solution. Ce n’est que par hasard que j’ai découvert OBSCAIS. J’en suis très satisfait et j’ai déjà plusieurs dossiers (un par machine) pour installer ArchLinux à plusieurs endroits 😁.
L’autre solution aurait été de passer à NixOS, ce qui me paraît drastique pour automatiser l’installation de notre système d’exploitation.
À noter que sous Debian il y a le Preseed, Kickstart pour RedHat/Fedora, etc.
Finalement le monde du Logiciel Libre vous laisse le choix des armes 😉.
Conclusion
Jamais je n’aurais pensé trouver une distribution GNU/Linux qui me correspond, qui me ressemble. Enfin pas trop quand même, je suis dispersé !
J’ai testé de nombreuses distributions parmi Mandrake, Debian, Ubuntu, Gentoo, etc. Et j’ai eu de nombreux essais - infructueux - pour trouver une place dans différentes communautés comme Debian, Mandrake/Mandriva, NuTyX et Frugalware. Cela n’a pas fonctionné comme je l’espérais.
Avec le recul je me rends compte que cette expérience de 20 ans environ - avec des aléas comme souvent - m’a laissé naviguer sous ArchLinux avec brio. Que ce soit en machine de bureau ou bien en serveur, ArchLinux a toujours été à mes côtés pour fournir le service que je demandais.
Plus besoin de tester différentes distributions en se disant qu’elle sera meilleure que la précédente. Plus besoin d’installer en cassant le système en place ni en perdant les données. Plus de recherches incessantes sur Internet pour réparer ce que j’ai cassé, etc. Je peux enfin utiliser mon système pour travailler, m’amuser ou tout simplement casser d’autres choses 🤣.
Merci à ArchLinux, sa communauté, son wiki et tous les archers qui m’ont aidé. Merci à l’auteur d’OBSCAIS de partager un script qui change la vie et merci à ma persévérance et ma patience de quelques années jusqu’à avoir un environnement qui me plaît 😄.
Et vous, quelle est votre distribution phare ?
Liens utiles
Voici les liens de l’article par ordre d’apparition :
- Mon article sur ma première installation ArchLinux (il y a 20 ans)
- Liste des distributions que j’ai testées sur mon Recueil d’astuces
- Linux+DVD magazine en 2005
- Mon article sur UbuntUSB
- Le pinning sous Debian
- Définition d’un easter egg selon Wikipédia
- Pacman selon Wikipédia
- Tiling Manager selon Wikipédia
- Article sur mon passage à awesome (Tiling manager)
- Un article pour décrire que je re-découvre i3wm (Tiling manager)
- Définition de Sway, alternative Wayland d’i3wm, selon Wikipédia
- Projet OBSCAIS sur Gitlab, par GreyXor
- NixOS selon Wikipédia
- Méthode Preseed pour Debian
- Kickstart selon Wikipédia